Responsable qualité, un métier passionnant

Responsable qualité, un métier passionnant

À la tête des 4 mûrisseries de la Compagnie Fruitière Espagne depuis plus de 15 ans, Laureano Alonso dépeint avec enthousiasme les coulisses de son activité.

« Dans les mûrisseries, la plus grande préoccupation c’est la température. Nous la surveillons en permanence, car le moindre petit écart peut avoir de graves conséquences sur une cargaison entière », affirme le madrilène qui a grandi au milieu des fruits et des légumes. Aujourd’hui responsable qualité pour les mûrisseries d’Espagne et du Portugal, il supervise le dépotage, le murissement et la distribution des 115 tonnes de bananes destinées chaque année à la péninsule ibérique. Ces étapes requièrent une capacité de gestion aussi rigoureuse qu’intuitive et un savoir-faire unique, acquis auprès des producteurs.

Réalisée en atmosphère contrôlée, la phase du mûrissage s’avère aussi cruciale que la culture ou le transport car, explique Laureano, « c’est à ce moment-là que le fruit acquiert sa saveur sucrée et son aspect doré, deux de ses principales qualités ». Il est vrai que les bananes débarquant en Europe sont encore vertes et endormies. Comme la plupart des fruits à amidon, la banane interrompt naturellement son processus de maturation en réduisant sa respiration. Ce sommeil est prolongé le temps du voyage en cales réfrigérées, par une température à 13°. Toutefois, avant d’être réveillés, les fruits doivent encore se plier à divers contrôles qualité.

Au port, une équipe vérifie tout d’abord la traçabilité des colis ainsi que la température interne des bananes. Une deuxième équipe « dépote », c’est-à-dire qu’elle décharge les bouquets et les range sur d’autres palettes. Une autre équipe contrôle la taille des fruits, leur couleur, calibre, poids, le taux de pesticides et la présence de défauts apparents. Ce contrôle absolu permet de vérifier si les bananes correspondent aux différentes normes imposées par l’Union Européenne et aux exigences des clients. Selon Laureano, « en moyenne, moins d’1% de la cargaison reste à quai, car les bananes ont déjà été contrôlées avant de voyager. »

Les fruits partent ensuite en mûrisserie, où une température de 17° à 18° les sortira de leur torpeur enclenchant leur transformation. « En quelques jours, grâce à la chaleur et au gaz d’éthylène qu’elles produisent naturellement et que nous ventilons, l’amidon se convertit en sucre, la peau vire au jaune clair et la chair s’attendrit. Même après toutes ces années, c’est toujours impressionnant de voir ce processus », poursuit Laureano. Enfin prêtes et savoureuses, les bananes sont reconditionnées et étiquetées pour être livrées aux clients selon leur ordre d’arrivée.

En 30 années d’expérience, Laureano a été témoin des nombreuses évolutions du secteur, dont une en particulier : « Autrefois, la production de la banane s’effectuait avec une approche très scientifique. Aujourd’hui, on utilise bien moins de pesticides et le facteur humain est encore plus au centre de la production. Il est vrai que l’on travaille avec un produit naturel, vivant, qui se transforme. Et nous savons qu’un personnel impliqué, avec le sens des responsabilités est aussi important qu’un personnel avec des connaissances techniques. »

Le plus bel aspect de son métier ? Sans hésitations, ses années dockers : « J’ai adoré travailler dans les ports. Ce sont des lieux extraordinaires, où l’on peut échanger tous les jours avec des personnes du monde entier. C’est rare, j’ai eu beaucoup de chance ». Alors qu’il forme de nouvelles recrues, Laureano s’enthousiasme des moyens de communication aujourd’hui accessibles, tout en restant convaincu que les qualités requises pour son métier allient rigueur, sens des responsabilités et une aspiration profonde pour la nature et les hommes.

La délicatesse de la banane

La délicatesse de la banane

La banane est un fruit fragile exigeant de nombreux soins et contrôles, depuis sa floraison jusqu’à sa consommation. Parcours et vie d’un fruit raffiné.

Chaque jour en Afrique et en Amérique latine, des mains expertes cultivent des bananiers, plantes éphémères néanmoins productives. Récoltées toute l’année, les bananes sont des fruits pérennes à croissance rapide (environ 9 mois). S’il en existe aujourd’hui plus de 1000 variétés, la banane dessert Cavendish compte pour plus de la moitié de la production mondiale. Moelleuse, sucrée, immaculée et choyée, une Cavendish peut rencontrer plus d’une cinquantaine d’intervenants avant d’atterrir dans nos assiettes.

Culture et récolte : des gestes précis

Cinq mois après la plantation des boutures ou rejets, la floraison se déclenche sur un tronc essentiellement constitué de feuilles enroulées. Apparaît ensuite le régime de bananes composé de « mains », les bouquets, et de « doigts », les fruits. Sensibles au froid, au vent, aux variations de températures, aux moisissures, aux insectes et aux chocs, les bananes requièrent beaucoup de douceur et de soins. Dans les plantations où le sol est régulièrement drainé, les cultivateurs s’affairent. Ils effeuillent, mesurent, fertilisent, éliminent les pistils et parasites, pratiquent le tuteurage, tout en surveillant les coulures de latex et traquant les parasites ou champignons. Ils n’oublient pas non plus de supprimer les rejets qui se forment au pied de la souche mère menaçant la survie du bananier, c’est l’œilletonnage. D’ailleurs, au moment de la récolte, un seul rejet successeur sera sauvegardé. Vers le sixième mois, ils protègent les régimes à l’aide d’une gaine. Ce sac de protection permet également de créer un microclimat propice à la croissance des fruits.

Une fois que les bananes ont atteint la taille souhaitée et qu’elles entrent naturellement en phase de sommeil, les gaines sont retirées et des séparateurs sont posés entre chaque main. Cette période durant laquelle les fruits freinent leur respiration et donc leur maturation, est souvent comparée à une forme d’hibernation. C’est à ce moment-là que la récolte peut commencer. Taillés manuellement d’un geste net, les régimes qui produisent jusqu’à 250 bananes sont portés à l’épaule et délicatement déposés dans des bacs suspendus à des câbles parcourant la plantation. Arrivés à la station de conditionnement, ils sont ensuite découpés en bouquets, trempés et frottés dans un bain de sulfate d’alun, afin d’éliminer tout résidu de latex ou insecte récalcitrant.

Préparées pour le grand voyage

Avant de procéder à l’emballage, des classificateurs vérifient la qualité esthétique des bananes encore vertes. Celles destinées au marché européen doivent suivre des normes strictes en termes de taille, de morphologie et de colorimétrie. Celles qui ne correspondent pas sont d’emblée écartées. Triés, pesés, étiquetés, les bouquets conformes sont ensuite disposés avec soin dans des cartons ajourés et aérés. Des agréeurs contrôlent les indications affichées sur les colis comme la catégorie, la destination finale et le code de traçabilité. Enfin, les colis sont ensuite rangés sur des palettes également munies de codes-barres. Une fois arrivées au port de départ, les palettes partent en chambres froides fermées et ventilées, où règne une température de 13 à 14°. Les bananes voyageront dans ces conditions afin que leur phase de sommeil soit prolongée le temps du trajet.

Pour exemple, les bananes produites en Afrique par la Société de Culture Bananière (SCB), une des filiales de la Compagnie Fruitière, sont chargées sur des navires à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Le transport qui peut durer entre 10 et 15 jours importe tout autant que le sol des plantations, l’ensoleillement ou l’humidité à l’année. Dans les cales des navires, thermomètres et ventilateurs maintiennent les bananes vertes en sommeil. Une simple variation de quelques dixièmes de degré risquerait de déclencher une maturation trop rapide, ou à l’inverse de provoquer des frisures dues au froid. Une fois débarqués dans les ports européens, 3% des colis (environ 250 palettes) sont auscultés à la loupe afin de contrôler si la taille, la courbure et même le blanc de la chair correspondent bien aux normes européennes et à la catégorie indiquée. On s’assure également que les fruits ne présentent pas de couronnes endommagées ou de traces de latex.

Maturation et consommation

Avant d’être livrés aux commerçants, les fruits doivent encore reprendre leur cycle de maturation, placés en mûrisserie. En quelques jours, dans une atmosphère contrôlée à environ 17°, l’amidon se métamorphose en sucre, la peau jaunit et la chair s’attendrit. Délicieuses mais toujours fragiles, les bananes livrées aux clients doivent être extraites de leur carton avec précaution, soit un bouquet à la fois. Conservées loin du réfrigérateur, elles pourront alors garder pendant une semaine leur belle couleur ocrée et la douceur de leur goût valeureusement gagnés.

La fin des étiquettes et sacs plastique ?

La fin des étiquettes et sacs plastique ?

Afin de réduire son impact environnemental, la Compagnie Fruitière adoptera bientôt deux nouvelles techniques : les banderoles et les sacs entièrement compostables.

D’ici 2050, les modes de production et de consommation devront s’appuyer, au sein de l’UE, sur le modèle de l’économie dite circulaire. Un modèle vertueux qui limite le gaspillage des ressources et la production de déchets de la part des producteurs, des distributeurs et des consommateurs. Engagés dans cette transition écologique, les acteurs de la filière agroalimentaire rivalisent de solutions.

Sans stickers, ni plastique

Étudiés par la Compagnie Fruitière, les banderoles et sacs recyclables ou compostables qui constituent une innovation particulièrement adaptée à la filière bio. Les emballages totalement compostables, et bio-sourcés, constitués de matière organique (tel que le maïs, la pulpe de bois ou la pomme de terre) sont capables de se dégrader intégralement dans le composteur domestique. Ces technologies faciliteraient le recyclage par le consommateur final et permettraient de devancer la stratégie européenne qui préconise d’éliminer d’ici 2030 tous les emballages non-recyclables. Ces nouveaux types conditionnements  permettraient de remplacer plus de 7 millions de sacs en plastique et autant d’étiquettes chaque année. Anticipant les prochaines réglementations environnementales de l’UE, le groupe se positionne dès aujourd’hui en précurseur de la distribution éco-responsable.

Des sacs compostables ici et là-bas

Loin des supermarchés, dans les bananeraies d’Afrique, d’autres défis occupent le terrain. Là-bas, les bananes sont protégées des oiseaux, des rayons directs du soleil et des frottements, à l’aide de gaines de protection en plastique non recyclable. Sans ces protections, la production globale chuterait de 30% à 50%, c’est dire leur importance. Après utilisation, elles sont alors collectées et renvoyées aux fournisseurs pour être ré-utilisées ou détruites dans des centres agréés. Une petite quantité de ces gaines peut néanmoins s’envoler et se disperser dans les champs. Afin de réduire ce risque au strict minimum, le département Innovation teste actuellement des gaines de protection de bananes entièrement compostables. Semblables aux sacs compostables trouvés aux rayons fruits et légumes de supermarchés, elles doivent cependant faire preuve d’une plus grande résistance.

Divers clients ont d’ores et déjà exprimé leur intérêt pour ces solutions alternatives qui résonnent auprès des consommateurs. Investie dans une stratégie d’éco-conception, la Compagnie Fruitière étudie d’autres procédés et actions afin de développer une agriculture toujours plus durable et éco-responsable. Par exemple, elle a expérimenté le marquage naturel, un procédé conçu par la start-up espagnole Laser Food, afin de tatouer directement la peau des bananes sans utiliser d’encre, ni dénaturer le fruit pour y inscrire les informations nécessaires.

La pleine croissance des bananes bio

La pleine croissance des bananes bio

Les bananes bio ont le vent en poupe, malgré les contraintes liées à leur production en milieu tropical.

Porté par la prise de conscience générale sur la santé et l’environnement, le marché alimentaire bio a connu entre 2000 et 2016 une croissance inédite. Les surfaces agricoles mondiales ont été multipliées par 3,3, le nombre de fermes bio par 9,6 et, aujourd’hui, plus d’une centaine de pays sont dotés d’une règlementation. Il est vrai qu’au delà de son impact sur la santé des sols et des consommateurs, le bio s’avère aussi un outil de gestion des ressources naturelles, favorisant la sécurité alimentaire. Pour exemple, la région du Tigray, en Ethiopie qui autrefois était régulièrement frappée de crises alimentaires. La réhabilitation d’un million d’hectares en bio a permis d’y instaurer l’autosuffisance alimentaire pour 100 000 personnes et d’endiguer la déforestation.

Sous les tropiques

Les fruits tropicaux comme les bananes, avocats et mangues sont aussi concernés, même si leur production exige une combinaison exceptionnelle de chaleur, d’humidité et de pluviosité. Hélas ces conditions sont aussi propices au développement de champignons et parasites qui sous les tropiques, en l’absence de gel hivernal, prospèrent de janvier à décembre.

En culture classique, le recours aux fongicides, au drainage des sols et, pour les bananes, à l’effeuillage et aux gaines de protection, permettent de protéger les fruits des attaques parasitaires et de satisfaire ainsi la demande mondiale. En culture bio, l’affaire se complique, notamment pour la banane. Aucun traitement naturel n’est aujourd’hui en mesure de lutter contre le Sigatoka noir, un champignon capable de décimer la moitié d’une bananeraie en quelques jours. D’autant que, comparé à l’avocat, le fruit doré est moins résistant. En culture bio cette particularité se traduit par des efforts redoublés, plus de soins et de manipulations.

Capable d’atteindre 20 mètres de haut, l’avocatier est un arbre solide pouvant subsister, selon l’espèce, à des épisodes de froid allant jusqu’à -1° C. Ses besoins en eau vont de 1 200 à 1 600 mm par an et, grâce à sa grande diversité génétique, il sait s’adapter à divers climats, dès lors qu’il ne gèle pas et que son sol est drainé. Entre 2014 et 2015 la production d’avocats bio a quasiment triplé, passant de 9% à 24%. Le bananier quant à lui, est une plante herbacée éphémère de 3 à 10 mètres, très sensible aux variations de température, exigeante en eau et prédisposée à la moisissure. Ses fruits voient le jour dès lors qu’il règne une température constante d’au moins 10° C, que le taux d’humidité est élevé, que les précipitations atteignent au moins 3 000 mm / an et que le sol est régulièrement drainé. Parmi les avantages, la plante est pérenne et sa croissance ne dure qu’entre 7 et 9 mois. Seul 1% des 118 millions de tonnes de bananes produites chaque année sont bio, ce qui paraît encore peu pour le fruit le plus consommé au monde.

Dans les bananeraies bio

Premier producteur de bananes « commerce équitable » et biologiques de la zone ACP, la Compagnie Fruitière a récemment signé un partenariat avec le WWF France pour continuer à mettre en œuvre des actions environnementales. Les bananeraies biologiques du groupe sont ainsi établies dans des environnements plus secs et proches de cours d’eau sains, au nord de la Côte d’Ivoire et au Ghana.

Là-bas, les bananiers sont régulièrement enduits d’une huile paraffinique bio, capable sous ces latitudes, d’éloigner les parasites. En période de post-récolte, les fermiers emploient des huiles essentielles contre les maladies fongiques. Durant la pousse, du compost conçu à base de parche de cacao (la fine écorce qui entoure la fève) fait office d’engrais naturel, riche en minéraux organiques. Les mauvaises herbes sont éliminées par sarclage manuel ou à l’aide d’une couverture végétale de légumineuses. Cette permaculture permet à la fois d’étouffer les mauvaises herbes, de réduire l’évaporation, d’apporter plus de nutriments aux bananiers et d’aérer les sols, grâce aux racines profondes des légumineuses.

Nouvelle plantation en Équateur

Afin d’étendre sa production biologique à d’autres régions du globe et d’intensifier sa pratique d’une agriculture toujours plus vertueuse, le groupe a récemment fait l’acquisition d’une parcelle bio de 150 hectares en Équateur, près de Guayaquil. Petit pays situé entre la Colombie et le Pérou, l’Équateur n’en demeure pas moins un grand pays bananier exportant chaque année près de 6 millions de tonnes de bananes. Il possède par ailleurs, le double avantage d’un climat sec et d’un personnel hautement qualifié, formé aux pratiques culturales les plus avancées. Enfin, sa diversité végétale exceptionnelle peut constituer pour les producteurs une source d’inspiration en solutions naturelles.

La santé en Côte d’Ivoire, en voie de guérison

La santé en Côte d’Ivoire, en voie de guérison

Avec le ratio d’un médecin pour 6 000 habitants, la Côte d’Ivoire engage de nombreux chantiers sanitaires afin d’améliorer son système de santé publique.

Des bas salaires, en passant par l’inégalité de l’accès aux soins, la vétusté des établissements ou le paludisme, la santé des ivoiriens pourtant en nette amélioration, se heurte encore à des problématiques tant structurelles que sociétales. Construits entre les années 60 et 80, la plupart des hôpitaux publics et établissements de santé ivoiriens ne sont plus en phase avec la demande. Loin des grandes villes, les populations n’ont pas toujours accès à des spécialités médicales comme la radiothérapie ou l’obstétrique et le manque de véhicules pour transporter le sang, les médicaments ou les malades entrave la réussite des soins. Enfin, l’espace consacré à l’accueil des familles venues soutenir leurs proches est souvent insuffisant, voire saturé.

Certaines mesures engagées ont cependant déjà produit des effets positifs. Grâce à l’effort national de lutte contre le paludisme, une des premières causes de consultation en Côte d’Ivoire, la maladie a reculé. Alors qu’elle occupait en 2010 le 5ème rang des quinze pays les plus fortement touchés par la pandémie, la Côte d’Ivoire se place aujourd’hui au 12ème rang. Le gouvernement a, par ailleurs, construit une centaine d’établissements sanitaires de premier contact, débloqué le salaire des médecins, embauché plus de 10 000 professionnels de santé, tout en mettant en place la gratuité ciblée. Enfin, le ministre de la santé a récemment annoncé la possibilité de recourir aux drones pour le transport en urgence de médicaments et de sang.

Dans les plantations

Principale source d’emplois, l’agriculture ivoirienne et les activités agro-alimentaires concernent 60% de la population active. Un aspect essentiel dont la Compagnie Fruitière a su tenir compte, dès le début des années 2000. Dans le cadre de sa politique de Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE), le groupe a ainsi instauré au sein de ses filières SCB (Société de Culture Bananière) l’accès aux soins et à l’eau potable pour tous les employés des plantations, leurs familles et les riverains. Des campagnes de vaccination et d’information, des programmes de prévention et de traitement contre le Sida et l’onchocercose ont été lancées. Des dispensaires et maternités ainsi qu’une mutuelle de santé ont été créés. Enfin, deux hôpitaux dont un situé au Cameroun et un autre en Côte d’Ivoire ont vu le jour entre 1998 et 2012, grâce au Fonds de Dotation Compagnie Fruitière et l’Ordre de Malte.

Un nouvel hôpital idéalement situé

Inspiré de l’hôpital Saint-Jean de Malte érigé en 1998, à Njombe au Cameroun, l’hôpital Saint-Jean Baptiste de Côte d’Ivoire est situé dans le village de Bodo et aura bientôt une capacité de 100 lits, ouverts à tous. Concentrant ses efforts autour du pôle mère-enfant, l’établissement a vu naître 550 bébés en 2017. Dans un pays où le taux de mortalité des femmes à l’accouchement reste élevé (614 décès pour 100 000 ) et où la mortalité infantile avant l’âge de 5 ans atteint encore 9%, la mission du personnel dépasse largement le cadre des consultations et celui du suivi obstétrique. Sages-femmes, infirmiers et gynécologues transmettent les bonnes pratiques liées à la santé de la mère et de l’enfant, s’associant ainsi à la vaste campagne de sensibilisation du pays. À l’hôpital Saint-Jean Baptiste, les patientes sont informées sur l’utilité des consultations prénatales, l’importance de la vaccination complète des enfants avant l’âge d’un an, l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide, et sur les bienfaits de l’allaitement maternel durant les six premiers mois de vie de l’enfant.

Stratégiquement établi sur l’axe routier reliant Yamossoukro à Abidjan, l’hôpital prend en charge un grand nombre d’accidentés de la circulation, grâce notamment à son service d’urgence et à sa pharmacie ouverte sans interruption. Auparavant, les victimes devaient se rendre aux urgences du CHU d’Abidjan, à deux heures de route de Bodo. Doté d’un bloc opératoire et de divers pôles dispensant des soins en chirurgie, médecine générale, pédiatrie, gynéco-obstétrique et en médecine d’urgence, l’hôpital emploie aujourd’hui plus de 110 personnes. Chaque jour, ces employés dévoués s’efforcent d’étendre l’accès aux soins des plus démunis, tout en améliorant le quotidien du personnel dédié aux plantations.